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FLASH MARCHE

Paris, 20 juin 2008
Sur les marchés cette semaine
Le flux des indicateurs économiques américains continue à traduire des tendances médiocres mais plutôt stables, ainsi le nombre des chômeurs secourus (3 060 000 au total, son meilleur niveau sur cinq semaines). L’indice de la Réserve de Philadelphie (-17,1) s’inscrit dans une stabilisation depuis six mois.
Les indicateurs de confiance des consommateurs (au plus bas depuis 28 ans) sont moins satisfaisants et les indices de prix (gros et détail) ne s’écartent pas beaucoup des attentes et témoignent plutôt de la stabilité de l’inflation sous-jacente (un rythme annuel de 3% pour les prix de gros et de 2,3% pour les prix de détail, hors alimentation et énergie).
Une remarque identique peut être faite pour les prix dans la zone euro où le rythme de l’inflation hors alimentation et énergie est de 1,7% en glissement annuel. Mais ces constatations ne simplifient pas la définition d’une politique monétaire appropriée face au comportement des indices généraux des prix : 4,2% aux Etats-Unis et 3,7% dans la zone euro.
Venant après des décisions analogues prises dans d’autres pays d’Asie, le relèvement des prix des carburants annoncé hier par les autorités chinoises va affecter la demande. Cette majoration (18%) ne devrait être que la première d’une série : l’objectif est d’atteindre un niveau de prix réaliste par rapport au coût d’approvisionnement des raffineurs et de réduire les pertes de ces derniers.
EUROPE
Les marchés européens ont été pénalisés cette semaine par les craintes renouvelées sur le secteur bancaire et sur les résultats des entreprises. Le pessimisme sur l’environnement au Royaume-Uni a été renforcé par la dégradation en "junk bond" des notes de crédit du distributeur DSG International et du promoteur immobilier Taylor Wimpey. De plus, HBOS a revu à la baisse ses prévisions de repli du marché immobilier à -9% pour 2008. Les groupes papetiers finlandais UPM-Kymmene et Stora Enso ont émis un avertissement sur leurs perspectives de résultat pour cette année en raison d’un effet de ciseau sur les marges (faiblesse de la demande finale, hausse des coûts du bois, de la fibre et de l’énergie). L’annonce d’un important programme de rachat d’actions par Daimler (6 milliards d’euros) n’a eu qu’un impact limité sur la performance du titre. Les principaux segments du secteur de la chimie ont, en revanche, continué d’annoncer des hausses de prix massives (+10 à 30% dans les gaz industriels, +20% en moyenne dans la chimie de spécialités, +80% pour les prix de la potasse en 2008).
FRANCE
La forte dégradation du marché de la construction en France, mise en avant par la publication des chiffres de Kaufman & Broad (chute des réservations de 42% au second trimestre après une baisse de 32% au 1er trimestre) met le secteur sous pression. Saint-Gobain accentue la baisse dans un contexte de couverture technique de la position de Wendel : les mécanismes de protection pèsent mécaniquement sur le cours boursier, au-delà des fondamentaux de la société.
Veolia Environnement a également souffert de la remise en cause de son business model : une forte croissance, jusque-là financée par le crédit et par augmentation de capital, trouve sa limite dans la crise du crédit. Le marché affiche clairement sa préférence aux dossiers capables de délivrer une forte génération d’autofinancement.
Après le rebondissement de son Assemblée Générale mouvementée, Atos a fait à nouveau l’actualité avec l’entrée au capital de PAI à hauteur de 18%, nouvel actionnaire qui se rajoute aux positions des fonds Centaurus et Pardus.
ETATS-UNIS
Les marchés américains parviennent à se stabiliser en fin de semaine, le S&P500 affichant une hausse de +0,2% sur les 5 dernières séances. Le secteur des matières premières continue de surperformer le marché, en progression de +2,4%, aidé par l’envolée du cuivre (+5% sur la semaine) qui contraste avec le secteur de l’énergie (+0,8%) dont la performance est désormais plus volatile d’une séance à l’autre et qui a marqué un fort recul jeudi suite à la décision de la Chine de couper ses subventions pour l’essence. Ceci a bénéficié au secteur des transports et a aidé les valeurs industrielles (-0,2%) à sortir du rouge après avoir pâti d’un trimestre décevant et des perspectives pessimistes de FedEx mercredi. Le débat sur la performance à attendre des valeurs financières (-0,2%) pour le reste de l’année se poursuit : les trimestres de Lehman et de Morgan Stanley ne satisfont pas le marché, celui de Goldman Sachs est mieux accueilli et les annonces ou anticipations de récapitulation et de baisses de dividendes s’accumulent.
ASIE
L’inflation occupe toujours la place d’honneur au palmarès des enjeux économiques de la région. La Chine a annoncé, hier, une hausse du prix de l’essence de +17% et du prix de l’électricité de +5%, rejoignant ainsi l’Inde, la Malaisie, Taiwan et l’Indonésie dans une politique de « vérité des prix ». Pour ces économies, c’est un passage obligé qui va contribuer à ajuster la demande à un niveau plus rationnel et pourrait ralentir l’emballement global.
Ce processus en cours est douloureux à court terme. C’est par exemple ce que nous indique l’Inde ce matin avec une inflation qui a grimpé à +11,5% après la hausse du prix à la pompe de +12% il y a de cela deux semaines.
Fort heureusement, la région Asie est vaste et diversifiée et plusieurs économies tirent leur épingle du jeu honorablement. C’est le cas de Hong Kong où l’inflation est aussi en hausse mais de façon modérée, +5,6% en mai, inflation qui est bénéfique à tout un pan des valeurs cotées sur ce marché. Ce constat concerne principalement les valeurs immobilières et les banques aux réseaux solidement implantés comme Hang Seng Bank. Les loyers des habitations privées sont ainsi en hausse de +6,5% sur un an glissant. Cela démontre la continuelle pénurie d’offre sur un petit territoire toujours très recherché par les cadres d’entreprises du monde entier.
Singapour est un autre marché où l’appréciation de la monnaie et un bon contrôle de la consommation d’énergie limitent l’impact négatif. La bonne santé des carnets de commandes de plates-formes pétrolières des deux sociétés phares et leaders mondiaux de l’île, Sembcorp marine et Keppel corp, rend ce marché singapourien d’autant plus intéressant pour nos investissements.
CHINE
Le marché des actions domestiques a poursuivi sa baisse cette semaine. En revanche, malgré une semaine difficile, Hong Kong termine sur une légère hausse.
Les autorités ont décidé aujourd’hui d’augmenter le prix de l’essence et de l’électricité. Le prix de l’essence augmentera de 1000 RMB (+16,7%) à 6980 RMB/tonne, celui du gazoil de 1000 RMB (+18,1%) à 6520 RMB/tonne et celui du kérosène de 1500 RMB/tonne (+25,2%). En ce qui concerne l’électricité, le tarif augmentera de 0,025 RMB/KWh, soit une hausse de 4,7%, à compter du 1er juillet. A priori, des hausses supplémentaires pourraient être décidées d’ici la fin de l’année.
Nous avons annoncé, à plusieurs reprises, que ces mesures étaient nécessaires et qu’elles étaient inévitables et nous avons anticipé ces changements dans nos portefeuilles. Toutefois, nous sommes surpris que ces mesures soient intervenues avant les Jeux Olympiques et qu’elles soient aussi importantes (20%, alors que le marché anticipait une hausse de 5 à 10%). Les autorités ont sûrement réfléchi à l’impact de ces mesures sur l’inflation. Sur le long terme, ces dernières sont positives, le gouvernement prenant conscience qu’un contrôle des prix serait encore plus néfaste. Le réajustement des prix devrait davantage coller à la réalité et le marché devrait jouer un rôle plus important dans la politique économique. En tout état de cause, ces mesures devraient améliorer l’efficience de l’économie.
INDE
Une inflation plus forte que prévue (11,05% contre 9,8% anticipée par le marché) explique la baisse du marché indien.
Outre la hausse des prix des denrées alimentaires et des produits manufacturés, ce niveau d’inflation est en partie dû à la faiblesse de la Roupie (à 43 contre USD, vs 40,8 il y a un an), ce qui augmente la facture des importations.
Cependant, si l’on prend l’hypothèse simpliste que l’inflation continue de progresser de 5% sur les 12 prochains mois, il semblerait que nous ne soyons pas loin d’un pic (12,5% en novembre 2009 selon nos calculs). Ceci s’explique par l’effet de base : l’inflation a eu un plus haut en février 2007 à 6,7% pour descendre de manière continue à 3,1% en octobre 2007. Sur une touche plus optimiste mais difficile à prévoir, il faut souligner qu’une mousson meilleure que prévue et une stabilisation / déclin des prix du brut seraient favorables à une modération de l’inflation.
Sur le portefeuille, en anticipation d’une politique monétaire encore plus restrictive, nous avons encore accentué notre sous-pondération dans les financières.
Enfin rappelons que, si l’on se place dans une perspective moyen terme, nous avons des raisons de continuer à croire en l’Inde pour les raisons suivantes :
1. A partir d’octobre, l’effet de base sur l’inflation devrait être extrêmement favorable, calmant ainsi la progression du coût de la vie.
2. Les fonds institutionnels locaux ont actuellement 15% de cash et les investisseurs globaux sont sous-pondérés sur l’Inde. Lorsque les perspectives macroéconomiques indiennes s’amélioreront, nous pourrons nous attendre à une forte progression du marché, accentuée par les flux acheteurs massifs.
3. La production de gaz de Reliance Industries devrait commencer en novembre 2008. Cela devrait permettre à l’Inde de réduire significativement sa dépendance énergétique au reste du monde (aujourd’hui 70% du pétrole est importé contre 40 / 45% sur les 3 prochaines années lorsque la production de Reliance Industries sera à pleine capacité).
BRESIL
Cette semaine, le marché a été particulièrement volatil en raison des craintes croissantes sur l’inflation et sur le comportement des marchés internationaux qui ont été compensées par des nouvelles plutôt positives sur le plan de la croissance économique. Les faits les plus marquants ont été l’introduction en bourse réussie d’OGX, une société d’exploration pétrolière, pour une valeur de 15 Mds de $US, la récupération du prix de Vale suite à l’annonce récente de son augmentation de capital de 15 Mds de $ US, la confirmation d’une hausse de 15% du prix de l’acier plat annoncée plus tôt que prévu et au-dessus des attentes du consensus ainsi qu’une augmentation importante du nombre d’abonnés dans le secteur de la téléphonie mobile. Quant à la situation macroéconomique, le Président Lula a organisé une réunion extraordinaire avec ses conseillers économiques pour discuter des mesures potentielles à prendre pour combattre l’inflation, hors augmentation des taux d’intérêt. L’une d’entre elles consisterait à revoir l’objectif de l’excédent primaire fiscal à la hausse, mesure qui, selon nous, aurait des répercussions positives sur le marché, à condition qu’il n’y ait pas d’impact majeur sur l’activité économique. L’inflation demeure le plus grand risque pour le marché (ainsi qu’une baisse potentielle du prix des matières premières) et, de ce fait, nous avons réduit des valeurs de consommation et de construction résidentielle dans le portefeuille. Nous continuons de favoriser l’acier (la demande domestique continue de pousser les prix), le minerai de fer (demande croissante dans un marché oligopolistique), l’agrobusiness (prix des denrées alimentaires et production en forte hausse) et le pétrole (découvertes constantes et augmentation de production).
JAPON
Le marché japonais reste relativement peu affecté par la baisse générale des marchés mondiaux. Cette semaine, le Topix perd environ 1% en Yen. Depuis début juin, il perd un peu plus de 5% en €, en ligne avec le marché américain (-4%), mais fait mieux que les bourses européennes. Au niveau économique, nous sommes en attente du Tankan. On prévoit des chiffres plutôt faibles. Les investisseurs vont aussi se concentrer sur l’évolution du Yen. Si l’on compare le niveau actuel au niveau d’il y a un an (environ 10-15% plus élevé contre dollar), on ne peut pas s’attendre à des résultats du 1er trimestre fiscal très forts. D’ailleurs, le marché n’anticipe pas de très bonnes nouvelles. En revanche, la faiblesse récente de la monnaie nippone pourrait être positivement interprétée au niveau des "guidances", ce qui est favorable à la bourse.
ALLOCATION D’ACTIFS L’enquête mensuelle de Merrill Lynch auprès des gérants de fonds montre un niveau record (le plus élevé depuis dix ans) de défiance à l’égard des actions. Les interrogations sur les intentions des banques centrales face aux tensions inflationnistes ont continué à pousser les taux d’intérêt à la hausse. Dans ce contexte, les marchés actions ont poursuivi leur correction au point de se rapprocher des points bas atteints au mois de mars (3431 pour l’indice Euro Stoxx 50, 1273 pour l’indice S&P500) avec toutefois une meilleure résistance des indices américains (notamment le Nasdaq) et des indices japonais.
Du 12 au 19 juin, l’indice Euro Stoxx a perdu 1,6% tandis que l’indice S&P500 (stable en monnaie locale) est en recul de 0,4% en euro. Le secteur bancaire a été le secteur le plus négatif aux Etats-Unis comme en Europe. Nous n’avons pas modifié nos pondérations actions, mais avons continué à remonter nos positions sur le Japon et les Etats-Unis. Suite au discours de Jean Claude Trichet, le marché anticipe désormais de nouvelles hausses des taux de la BCE. Les taux ayant par conséquent bien monté, nous avons commencé à construire une exposition sur le marché des obligations.
Achevé de rédiger le vendredi 20 juin à 16h00.
Performances nettes arrêtées au 19/06/2008. *La date de début de gestion servant de référence au démarrage des performances correspond à la date à laquelle le portefeuille répond à l’orientation de gestion : 30/06/2005. **Performances nettes arrêtées au 18/06/2008. *** Les indicateurs de référence de Global Rendement et de Performance Discovery ont été respectivement modifiés les 02/07/2007 et 31/12/2004 (voir les prospectus respectifs des fonds). Les performances des indicateur de référence affichées sur une période antérieure à ces dates résultent d’un chaînage de performances entre ces indicateurs et les anciens indicateurs des OPCVM. ****Performances nettes arrêtées au 30/05/2008. Sources : Europerformance et Edmond de Rothschild Asset Management. Les chiffres cités ont trait aux années écoulées. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Les performances sont réalisées sur la base de performances cumulées. Les performances depuis création sont des informations réservées aux clients professionnels au sens du Règlement Général de l’Autorité des Marchés Financiers. Tout investisseur ne répondant pas à cette classification ne doit en aucune manière tenir compte de ces informations.
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